Le chiffre
Les projections de France Stratégie et de la Dares estiment les besoins de recrutement à 760 000 postes par an entre 2019 et 2030. Le total additionne deux choses : les créations nettes d'emploi et les départs en fin de carrière. Ces derniers représentent 90 % du total.
Le chiffre circule peu, sans doute parce qu'il est moins spectaculaire qu'un taux de tension. Il est pourtant le plus structurant des deux. Un taux de tension décrit un marché à un instant donné. Celui-ci décrit une mécanique dont on connaît déjà le calendrier.
Ce que ce chiffre a de particulier
Les créations nettes d'emploi dépendent de la conjoncture, des carnets de commandes, des arbitrages d'investissement. Elles se discutent, elles se révisent, elles se reportent.
Les départs en fin de carrière, non. Sur la même période, ils équivalent à 28 % de l'emploi de 2019. Plus d'un quart des personnes en poste il y a six ans seront parties d'ici 2030. Aucun plan de charge ne changera cela.
Autrement dit : vous avez la pyramide des âges de votre site, donc vous avez déjà la liste. Vous savez qui partira, à peu près quand, et sur quel poste. C'est une des rares informations RH qui ne demande ni étude ni prestataire.
Remplacer n'est pas créer
Un poste créé, on le construit. On écrit la fiche, on définit le périmètre, on accepte que la première année serve à roder.
Un poste remplacé, on le reprend. Et ce n'est pas la même exigence. Le remplaçant hérite d'un existant qu'il doit retrouver, pas inventer : une manière de régler une machine, un ordre d'opérations qui évite un défaut connu, une liste de clients avec leurs habitudes, un tour de main sur une pièce délicate.
Si cet existant est documenté, l'arrivée est un transfert. Si cet existant ne vit que dans la tête de la personne qui part, l'arrivée est une reconstruction. Et une reconstruction coûte des mois, des rebuts, des arrêts, parfois un client.
Ce qui ne se remplace pas
Le recrutement finit toujours par se régler. On élargit le bassin, on augmente, on forme en interne, on prend un intérimaire le temps de trouver. C'est lent et coûteux, mais ça se règle.
Le savoir-faire non documenté, non. Le jour du pot de départ, il n'y a pas de plan B. Et c'est rarement la procédure officielle qui manque : elle existe souvent, rangée dans un serveur, à jour de la dernière version du système qualité. Ce qui manque, c'est tout ce qui n'y figure pas. Le bruit qui annonce une dérive. Le réglage qu'on corrige d'un quart de tour sans y penser. La raison pour laquelle on fait dans cet ordre et pas dans l'autre.
Ce savoir-là ne s'écrit pas facilement, pour une raison simple : celui qui le détient ne se souvient plus qu'il le détient. Demandez à un expert de trente ans de métier de rédiger sa procédure, il vous rendra deux pages. Filmez-le en train de faire, il vous en montrera vingt.
Ce qu'on peut faire avant le départ
Quatre étapes, dans cet ordre, et sans outil particulier pour commencer.
- Lister les gestes détenus par une seule personne. Pas les postes, les gestes. Si cette personne est absente trois semaines, qu'est-ce qui s'arrête ou se dégrade ?
- Croiser avec les départs prévisibles à 24 mois. L'intersection des deux listes est votre file d'attente. Elle est presque toujours plus courte qu'on ne le craint, et plus urgente qu'on ne le croit.
- Capter en situation, pas en salle. Un geste se montre là où il se fait, au poste, sur la machine, sur le chantier. L'expert commente ce qu'il fait pendant qu'il le fait.
- Tester sur un nouvel arrivant. Le seul critère qui compte : est-ce que quelqu'un qui n'a jamais vu ce poste arrive à le tenir avec ce que vous avez produit ?
Le rôle de ClipHow
ClipHow part de cette captation. Un expert filme son geste avec ce qu'il a sous la main, smartphone, tablette, PC, webcam, GoPro ou lunettes connectées, et la plateforme en tire deux livrables : un parcours e-learning que les équipes suivent, et une procédure de travail documentée qui rejoint votre base de connaissance. Le tout sur une stack technique 100 % européenne, ce qui compte quand les données filmées sont des données de production.
Nos clients travaillent dans l'industrie, la logistique et les transports, le numérique, le médical et les laboratoires, le BTP et les métiers de savoir-faire critique. Le point commun n'est pas le secteur, c'est la même phrase entendue partout : « quand il partira, on ne sait pas comment on fera ».
Les départs, eux, sont déjà au calendrier.
Source : France Stratégie et Dares, Les Métiers en 2030, rapport du groupe Prospective des métiers et qualifications

